Le Hirak algérien a débuté le 22 février 2019, de façon assez spontanée, en réponse à une annonce politique précise.
Le déclencheur
Le 10 février 2019, le président Abdelaziz Bouteflika, alors âgé de 82 ans et grabataire depuis son AVC de 2013, annonce sa candidature pour un 5e mandat présidentiel. Cette annonce provoque une indignation massive dans la population, qui la perçoit comme une insulte et une humiliation — beaucoup de citoyens ne l'avaient pas vu ni entendu parler publiquement depuis des années.
Le 22 février : la première grande marche
Des milliers d'Algériens descendent dans les rues à travers tout le pays — à Alger, Oran, Constantine, Béjaïa, et dans de nombreuses autres villes. Ce qui surprend tout le monde, c'est l'ampleur et le caractère pacifique du mouvement. Des millions de personnes finissent par participer dans les semaines suivantes.
Les revendications
Au départ, le mot d'ordre est simple : "Yetnahaw gaâ" ("Qu'ils dégagent tous"), visant non seulement Bouteflika mais tout le système politique (le pouvoir ou le système). Le mouvement réclamait un vrai changement démocratique, la fin de la corruption, et un État civil.
La suite immédiate
Sous la pression de la rue et de l'armée (représentée par le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah), Bouteflika démissionne le 2 avril 2019, après 20 ans au pouvoir. Mais le Hirak continue, estimant que le départ de Bouteflika seul ne suffit pas, et les marches se poursuivent chaque vendredi pendant plus d'un an, jusqu'à ce que la pandémie de Covid-19 mette un frein au mouvement en mars 2020.
C'est l'un des mouvements de protestation populaire les plus importants de l'histoire contemporaine de l'Algérie.